Vous avez gagné au loto, vous allez faire quoi?

Hi every body !

Je vous retrouve après un intermède de quelques semaines, je retrouve le bonheur, l’envie et le temps de vous écrire, de coucher quelques impressions brutes, affinées, ou simplement instinctives.

Ce dont je voulais vous parler cette fois (encore) est la peur ou le désarroi que procure cette impression d’avoir le monde ouvert, offert à soi.

No Boundaries_jpg

Nous ne sommes nullement habitués à « gérer » cet état, cette absence apparente de contraintes.

Je devrais peut pour commencer être décrire cet état. Il s’agit tout simplement d’un état mental où nous faisons abstraction des contraintes qu’on (ou la matrice de relations humaines et sociales) se donne. Aller à l’école, être le premier, intégrer de bonnes écoles, avoir un travail, un conjoint (e), une maison, voiture… Enfin vous connaissez le package traditionnel. L’état dont je vous parle est tout simplement une remise en cause du système préétabli. Cette remise en cause s’est soldée pour nous par le désir de voir le monde et apprendre et s’enrichir des rencontres (ce qui est personnel et n’est nullement une norme, mes propos ne sont aucunement normatifs). Ceci vous livre le monde à vos pieds, et je mesure mes mots !

Il n’y a nullement de « Je ne peux pas le faire, je n’ai pas les diplômes pour, les connaissances, les relations, les pistons, le bon teint de peau, je ne peux pas changer de travail comme ça j’ai un crédit et une famille à nourrir… ». Les seules questions qui se pose à soi est « que veux-tu faire ? », « où aimerais-tu aller ?». Aucune limitation géographique, d’âge, de genre…les seules limites que nous avons sont les contraintes que nous avions gardées. Nous nous sommes donné le plus beau et le plus effrayant des présents. Platon par l’intermède d’Aristote disait (dans le Gorgias je crois) « tu n’es toi-même que quand tu es totalement libre ».

Effectivement certains de nos proches exprimèrent leurs inquiétudes. Temps de crise sociale, financière, c’est l’âge de faire des bébés, acheter un appart en banlieue ou Paris intramuros…greed is goodL’impression que nous pouvons donner de « fuir nos responsabilités ». À cette interprétation j’aimerais opposer un autre point de vue. Etre responsable de ses propres choix est justement de ne pas substituer certaines charges à d’autres. Par un désir de sécurité et de confort, nous devons déléguer des revenus futurs « retraite » à des fonds spéculatifs, qui demandent effectivement des revenus immédiats « cotisations » qui eux ne sont pas hypothétiques comme la retraite. Certains (et j’en faisais partie) occupent des postes qui ne les rendent pas heureux, mais il faut le faire, c’est la vie, il faut être « responsable », il faut bien payer le loyer. Et bien ma réponse est que nous ne sommes pas responsables si on délègue toute ou partie de sa propre destinée à des organismes, des entreprises… Les routards/nomades/itinérants voir pour certains des marginaux, prennent leur destinée en main. Ils savent qu’en sortant du système, ils ne bénéficient plus de ses largesses. Ils désirent ne plus payer le prix de ces « largesses ». Sont-ils irresponsables pour autant ? Je dirais plutôt (sur le ton de la provocation) que ce sont ces gens qui sont responsables et les brebis bien polies sont les irresponsables, qu’ils cherchent la facilité. Dîtes moi quoi penser, pour qui voter, ce qui est bien pour moi, autoriser moi à prendre des vacances, à quitter mon travail tôt à 18h…

Bien sûr ces propos ne sont pas à prendre sur le ton du reproche, j’ai rencontré beaucoup de personnes qui aiment vraiment leur travail, et y mettaient une énergie incroyable. Si elles sont heureuses comme ça, tant mieux ! Le but est de chercher son bonheur. En hindouisme, le chemin pris est le « Karma ». Le Yoga aide à le parcourir, en concordance avec les souhaits de son âme et non de son intellect. Mais ceci est un autre sujet, j’y reviendrai plus tard.

Ce billet, je le rédige pour les personnes qui ne se sentent pas à leur vraie place, sentent qu’ils mettent énormément d’énergie et de dévouement dans ce qu’ils estiment être inutile, ou sentent que tous ses efforts n’étanchent pas une soif inexpliquée, quelque chose qu’ils n’arrivent pas identifier, pour la simple raison qu’ils n’ont pas le temps pour se demander « Mais qu’est ce qui ne va pas en moi ? Qu’est-ce que je fais là ? Qu’est-ce que je veux vraiment faire ? Qui suis-je ? » Ces questions que nous fuyons tous, de peur de découvrir la vérité, de se rendre compte que nous nous sommes trompés sur toute la ligne, d’avoir perdu du temps, sa jeunesse là où nous aurions été heureux…

Alors les propos ci-dessus, étaient sciemment provocants pour rendre compte de cet autre point de vue. Qui prend tout le schéma préconçu de responsabilité à rebrousse-poil. Oui vous êtes irresponsable en délégant certains aspects de votre vie « vitaux » à d’autres, de faire des choix parce que c’est ce qu’il faut. Pour être protégé je dois sacrifier mes rêves. Effectivement dans un monde où le classement est monnaie courante, où le spirituel est au mieux relégué à des TV-shows sur le paranormal ou des sorcières/liseuses de bonnes aventures, où les religions ont plus de place, où le statut social se mesure par votre compte en banque et la taille de votre maison ou de votre voiture.

Savez-vous seulement que le classement a été introduit en France pour imiter les chinois ? Avant, pendant la Rome antique ou durant l’âge d’or des Arabes ou encore au début des Lumières il n’y avait pas de classement. Vous êtes le disciple, l’apprenti, l’élève de tel maître et c’est tout. Alors vous classer n’avait aucune importance. Vous suivez un enseignement et c’est par vos réalisations et efforts que vous acquerriez vos lettres de noblesse. Et non par votre diplôme.

L’idée majeure (qui n’est qu’une petite partie du schéma spirituel que nous sommes sensé suivre) si je fais abstraction des contraintes actuelles, avis des proches, regards des autres, ce que je suis sensé faire, l’argent, la position sociale, religions et autres préjugés, qu’est-ce que j’aimerai faire de ma vie?

Il n’y a rien de rebutant à se poser cette question. En faisant abstraction de toute contrainte, personnellement, je désirais m’investir dans l’humanitaire, mais j’ai découvert d’autres solutions d’entreprises sociales. Concept innovant, maintenant. Plusieurs solutions qui marchent et bien réelles ont été mises au point en Amérique du sud, en Afrique, en Inde… et l’Europe est très en retard dans ce domaine. Ces innovations feront partie d’un autre article.

Alors je sais ce que je vais faire en faisant des compromis, je n’aurais pas LA position sociale, ni l’argent… Mais je sais que ce que je ferai sera en accord avec ce que je souhaite réellement faire.

En hindouisme l’être humain est une représentation de trois niveaux : le corps, le mental/cerveau et l’esprit. Le corps nous désirons tous s’en occuper à différents niveaux et de différentes façons, sport/chirurgie esthétique… le cerveau (normalement pour la plupart des êtres humains il n’est plus nourri après trente ans), plus de formation, ni d’apprentissage, plus d’études, nous approfondissons ce qui nous a intéressé quand nous étions étudiants. Et ça c’est pour les plus courageux. Quant à l’esprit, c’est encore pire, nous ne nous écoutons jamais, rarement nous suivons nos intuition. Bien que cette affirmation soit à nuancer pour les femmes, qui sont plus enclines à écouter leurs intuitions et leur 6ème sens. Mais comment nous pouvons améliorer notre relation avec notre esprit/âme ? Comment savoir ce qu’elle veut ?

Normalement, le cerveau agit d’une façon logique, répétitive : pour la même situation vous aurez toujours la même réaction. Pour les nouvelles situations, il cherchera la « bonne » réaction en fouillant dans l’arsenal de situations vécues par vous ou par d’autres, la plus similaire : untel a eu le même problème et s’en est sorti de cette façon. L’esprit ou l’âme agissent différemment.

Premièrement le langage de l’âme  est l’intuition. C’est une petite voix différente de celle du cerveau, qui vous fait vibrer tout le corps, vous sentez que ce n’est pas le choix à prendre, vous « savez » que ce n’est pas bon pour vous. Mais le cerveau répondra que c’est là où vous allez gagner beaucoup d’argent, qu’il faut suivre la meute, tout le monde le fait pourquoi pas vous… Ceci est la première étape savoir reconnaître la voix de l’esprit. Certains désirs et envies se cachent et se travestissent en intuitions, donc pas mal de pièges et de chemins à parcourir avant d’arriver à l’entendre clairement et la suivre. Sri Aurobindo est arrivé au point de décrire le « surmoi » où siège la partie de l’esprit qui génère les intuitions.

La deuxième étape est bien sûr la méditation pour se confronter à soi-même. Le Yoga est un très bon moyen d’arriver à reconnaître la voix de l’esprit, à rendre le corps plus à même de répondre à vos désirs et sert, à travers la méditation, à avoir l’esprit clair, voir à obtenir le « silence ». Pour clarifier ce dernier point, je dirais que nous avons toujours des idées, un bruit de fond dans nos têtes qui empêchent parfois de dormir. La méditation vous aidera à faire cesser ce vacarme, et avoir les idées plus claires, les pensées plus fluides et être très concentré sur vos tâches.

En épousant ce chemin, l’idée majeure citée ci-dessus vous viendra à l’esprit intuitivement, vous cesserez de vous dispersez, vous vous sentirez en paix avec vous-même. Vous vous accepterez plus facilement. Vous suivrez votre Karma et vous ferez facilement faire face au mur de contraintes, regards, jugements des autres. Car ils ne seront que Maya « illusions ».

Vous vous rendrez compte que les gens qui sont en désaccord avec vous expriment leurs propres frustrations et ne peuvent en aucun cas être tenu responsables de leurs propos. Ce n’est pas contre vous, mais c’est contre eux-mêmes qu’ils s’expriment. Vous n’êtes que le miroir de leurs propres frustrations, leurs propres désirs non assouvis, leurs rêves. Vous ne devez pas prendre leurs propos personnellement. D’autres niveaux d’élévation spirituel yogiques nous amèneraient à ne plus rien attendre des gens et d’être presque sans émotion ou réactions vis-à-vis des agissements des autres. Mais je ne connais pas cette sphère, je ne peux, donc, que rapporter les expériences d’autres yogis.

Pour en revenir à nous deux, Chloé et moi, nous apprenons à vivre dans cet état d’infinis possibilités et peut être juste le reconnaître, ne plus se mentir à soi-même. Nous pouvons réellement voguer à travers vents et marées. Suivre les envies aléatoires et sans raisons apparentes, mais qui obéissent à des besoins plus profonds que nous apprenons à écouter. Ce n’est pas évident de casser un schéma de pensées, dans lequel nous avons baigné de si longues années, pour ne pas dire toute une vie.

Se mettre à nu, se retrouver en dehors du système, se chercher et tout remettre en question est une entreprise assez difficile à vivre, même si actuellement nous sommes bien servis par la vie. Nous restons dans des endroits magiques. Actuellement nous sommes littéralement entre ciel et terre. Nous avons les nuages à nos pieds, de temps en temps ils grimpent le long de la montagne pour venir nous caresser, et rapporter les histoires de la vallée et apaiser le soleil. Nous rencontrons des dizaines de personnes intéressantes de différentes nationalités avec des vécus très enrichissants : des itinérants voyageant autour du globe, en travaillant quelques mois par ci par là et qui ont des leçons de vies à nous donner, des jeunes israéliens essayant à leur façon (la plupart à force de magic mashrooms et de joints) d’oublier le service militaire obligatoire (3 ans pour les garçons et 2 ans pour les filles), des familles où les enfants ont été conçus pendant le voyage…

Ils vous montrent que tout est possible, vous apprenez à croire en vous et surtout vous sentir connecté à cette grande famille qu’est l’humanité. Bientôt les nationalités n’ont plus aucune espèce de particularité… vous apprenez des schémas de pensées ou des solutions que des pays ont trouvé. Vous apprenez d’autres vérités historiques, ou plus précisément des points de vue historiques différents de ceux qu’on vous a appris… Alors vous devenez un citoyen du monde.

Et là commence le grand frisson !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *