Rencontres à Paris

Bonsoir à toutes et à tous,

Quand je lis les blogs des autres tourdemondistes, je relève toutes ces rencontres magnifiques, étonnantes…

Mais qui a dit qu’il fallait faire le Tour Du Monde pour y avoir droit?

Depuis que nous avons pris la décision de faire le tour du monde, je me suis mis à dévorer des tonnes de pages, de blogs, de forums… Et j’ai bien sûr commencé à regarder mes « avoir », mes biens matériels avec un autre regard. Effectivement nous habitions un deux pièces meublé; ce qui réduit les possessions personnelles, nous n’avions pas de télé, ni de voiture…L’introspective a été plus simple.

A la sortie d’une séance ciné à Paris, nous nous sommes arrêtés manger une crêpe. De fil en aiguille, il s’est avéré que le commerçant était Sri Lankais (quel hasard, nous qui y ferons justement notre première escale !). Il nous a très spontanément raconté son histoire d’ancien tigre Tamoul : il s’est engagé jeune à 16 ans, a pris sa première leçon de maniement de grenade, en pleine action dans la jungle, par son supérieur. Qui la lui a dégoupillé et lui a gentiment signifié qu’il fallait la jeter sur les trois soldats venant sur eux. Une gêne certaine s’est emparée de nous, quand nous avons vu le bonhomme rire en se rappelant l’explosion qui emporta les 3 soldats d’un coup. Après la signature de l’armistice en 2005 (la fin des hostilités a été déclaré en 2009) il a fui le pays en compagnie de son frère, direction l’état tamoul du sud de l’inde, le Tamil Nadu. A partir de l’Inde ils ont rejoint la France où ils ont obtenu le statut de réfugiés. Il s’est présenté très vite à la légion étrangère où il y est resté 2 ans afin de bénéficier de la naturalisation d’office. Il est père de deux adolescents, ce qui nous étonnait, étant donné les traits « jeunes » de son visage. Bien sûr, si les Cinghalais attaquent encore une fois les tamouls, nous a-t-il déclaré le tout naturellement du monde, il reprendra les armes. Même si sa femme ne le souhaite pas…

Il nous apprit par la suite que 20000 tigres tamouls comme lui sont disséminés en inde dans l’état du Tamil Nadu. Et qui sont, comme lui, prêts à reprendre les armes s’il le faut. Mais, pour l’instant ils ne peuvent tout simplement pas rejoindre la mère patrie.

Quand on lui a demandé ce qu’il comptait faire, car le travail actuel de vendeur de crêpe ne l’intéressait guère, il nous a informé qu’il comptait aller en Australie rejoindre un frère ingénieur, dès qu’il sera officiellement naturalisé.

Alors chers amis, pour voyager pas cher et dans la bonne humeur, une petite discussion avec votre vendeur de crêpes ou de sandwichs peut vous emmener bien loin !!

 

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