De la banalité

Je souhaite vous parler aujourd’hui de la banalité du monde.

Plus on voyage, plus on se rend compte de la normalisation qu’a subit cette génération. Cette humanité. Vous êtes au Maroc, en Turquie, Kazakhstan, Inde, Mexique… les hommes portent une chemise et un pantalon.

Nous avons été hébergés par une famille de la classe moyenne selon les standards occidentaux, aisée selon les standards indiens: Le papa est directeur marketing chez Times India, la maman est mère au foyer, un fils et une fille. On gère la copropriété de l’immeuble, on emmène les enfants à l’école on regarde la télé le soir… Tout à fait banal.

Mais ce n’est pas ce genre de famille qui fait rêver quand on pense à l’Inde. Elle ne fait pas partie de l’imaginaire collectif. Ils ne font pas partie des « vraie gens ». (J’en ai mis dans le slide au-dessus 😉 )

Et oui le monde est banal. Les parents travaillent ou font tout pour assurer la pitance aux enfants. La famille est une valeur majeure, par commodité. Dès que la famille atteint un niveau d’indépendance financière, elle a tendance à quitter la grande famille et à s’en distancier.

Parce que en dépit de la stabilité sociale et du côté pratique: Elle s’occupe des enfants si les deux parents travaillent. elle assure les mensualités des prêts/micros crédits, avance l’argent pour guérisseur/médecin ou la dote… Mais elle est source de conflits, de promiscuité aiguë…

C’est une tendance universelle, là où le capitalisme a pénétré.

Mais alors quel est l’intérêt de voyager si c’est si banal?

On ne vit pas la banalité du monde de la même façon.

Quand vous allez visiter les chasseurs de têtes sur l’île de Bornéo, les tributs vivaient dans des « longhouse » (maisons longues en francais).

C’est simple, on compte le nombre de portes que la maison compte, le maximum est de 121 portes qui veut dire 121 familles vivaient la ! ils n’y vivent plus (pas tous). Sont arrivés les frigidaires, télés, radios, voitures, touristes (on transforme les cases en guest houses). Et aussi pour des raisons de sécurité. Les maisons sont faites en bois.

Les guerriers massai ou plutôt leurs femmes vont au supermarché, certains d’entre eux délaissent la tenue traditionnelle trop chère pour des t-shirts seconde main, made in china, venue d’Europe. Parce que c’est moins cher.

Ces deux exemples certes à l’extrême sont à l’image de la diversité des « banalités ».

Ça peut être un sujet/thème pour les futurs tour de mondistes 😉

On comprend bien que cette banalité est vécue différemment. Et c’est ce qui me pousse, nous poussent à aller la constater, la vivre si nous avons de la chance.

La raison qui me pousse à en parler est que les infos nous montrent un monde étranger, des gens qui font des attentats, ou des gens perpétuellement en guerre.

the Anchor

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Nous amenons la democratie

Relaxe, nous amenons la democratie :-)

Or, quand on voyage même dans les endroits réputés dangereux, on se rend compte que les gens vont au marché, il ya des écoles, les gens rient, en ont marre des politiques, trouvent que c’était mieux avant, que ça va de plus en plus vite…

Enfin ce qui rend le voyage intéressant, ce sont ces vies colorées ou ces banalités sont vécues différemment. Nous pensons l’autre non plus comme étranger mais un lointain cousin.

Voyager attenue le côté judgmental (prompt à juger). On se dit qu’il doit y avoir une raison qui pousse à la violence. L’autre est aimé, aime, respire le même air que nous et aspire à un monde meilleur. Et surtout la vérité n’est jamais dans la bouche des journalistes! 😉

Penser le monde en terme de banalités peut paraitre un tantinet désabusé, blazé voire même pessimiste. Mais cela permet de ne pas se laisser manipuler par les medias ou tout autre idéologue, qui aiment monter les communautés, les nations entre elles.

Ne pas se laisser désabuser, s’informer par soi même. Voir l’autre comme un lointain cousin plutôt que comme un étranger, empêche le petit raciste en nous de juger et de dénigrer.

La banalité du monde ou du voyage (Je rappel aux deux du fond de la classe que c’est un blog de voyage 😉 ) permet de s’attendre aussi à avoir des problèmes de vie; perdre un proche, un job… Mais se dire que c’est le sel de la vie. Meme ces « mauvaises » choses permettent d’autant plus apprecier la vie et le moment présent.

Nous ne faisons que réagir à des événements , des idéologies, des stimulus.

Donc avoir un pépin (voiture qui tombe en panne, stress) arrive à tout le monde, c’est banal. C’est notre réaction qui compte. Essayons de relativiser. C’est BanaL

rasta shark

Rasta shark tout ce qu’il veut c’est de la ganja!

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